Reviens-moi #ESSAIS

Salut, c’est moi. Encore moi. J’ai clairement l’habitude, maintenant, d’entendre ton foutu répondeur, ta foutue voix grave qui me fait toujours autant craquer. Ça fait bientôt quatre mois que tu n’es plus de ce monde ; et j’ai l’impression que c’était il y a une heure. Toujours la même douleur, la même détresse, les mêmes larmes, la même tristesse et la même solitude. Je me retrouve seule. Sans toi. Je n’ai plus personne. Tu le sais. Avant toi, je n’ai jamais eu personne ; pas d’amis, pas de famille. Tu m’as appris à apprécier la compagnie de quelqu’un, tu m’as appris à vivre à deux, à aimer, tu m’as fait découvrir ce qu’était l’amour. Le vrai amour…


Elle reprend sa respiration en reniflant bruyamment dans le silence de l’appartement.

 

– Je suis désolée, je n’y arrive pas, mon Amour. J’en suis arrivée à un point où je m’empêche moi-même de cliquer sur ton numéro pour entendre, encore une fois, le son de ta voix. Parce que ça me déchire et que j’ai conscience que je dois m’habituer à ton absence, à ce vide que tu as laissé dans ma vie. Mais c’est dur. Parce que tu étais ma moitié, la prunelle de mes yeux, et que j’aurais donné ma vie toute entière pour prendre ta place dans le monde des Anges.


La jeune femme s’en va prendre une poignée de mouchoirs sur le meuble, à côté d’elle, le téléphone toujours à l’oreille.

 

– Je me rassure comme je peux, tu sais. Je me dis que tu es dans ton monde maintenant, un Ange parmi les Anges. Oui, tu étais l’Ange que tout le monde aurait rêvé d’avoir. Et j’ai eu la chance de passer dix ans de ma vie avec.


Elle sourit bêtement face à la marée de souvenirs qui la submerge d’un seul coup, tel un tsunami de bonheur mélancolique.

 

– Je crois que notre première rencontre restera le plus beau souvenir de ma vie, dit-elle en souriant tristement. Je travaillais au cinéma du quartier pour pouvoir payer mes études et vous étiez venus seuls, toi et ton sourire charmeur. Tu m’as demandée une place pour le dernier film d’action qui sortait, puis, finalement, deux places. Tu avais l’air perdu. Et tu as fini par me questionner sur l’heure à laquelle je finissais de travailler. Et nous nous sommes retrouvez tous les deux, côte à côte, dans une salle de cinéma presque vide alors que nous ne nous connaissions pas. Et j’ai senti au fond de moi, ce jour-là, que j’avais rencontré l’amour de ma vie. L’être qui allait tout chambouler dans ma vie et toutes les règles que je m’étais fixée, en vain, apparemment. Il a seulement fallu de quelques mots, de quelques gestes, pour que mon monde change radicalement. Tu m’as fait voir un monde meilleur, un monde que je méconnaissait, un monde rempli de positivisme, de joie, de bonheur et, surtout, d’amour. Tu as fait de moi quelqu’un de meilleur et de plus enclin à accepter les petits bonheurs simples que la vie nous offre. Je ne te remercierai jamais assez p…


Bip. Bip. Bip.


La messagerie se coupe. Comme toujours. Elle en a trop sur le cœur pour tenir en un seul message vocal. Alors elle recommence à chaque fois. Et, comme toujours, presque instantanément, le téléphone portable posé délicatement sur l’étage du salon se met à sonner. Un nouveau message vocal vient d’arriver.

Au plaisir d’écrire, MOTSDITS.

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